Et si elles avaient existé ?

 

« Une ombre pâle sortit de la forêt et alors qu’elle se rapprochait, je vis qu’elle avait une robe de velours blanc et portait sur le haut de la tête une longue corne d’ivoire qui lançait des étincelles d’or et d’argent …….. »
(Tiré de ma nouvelle inachevée : « La licorne noire »)

C’est à peu près ainsi que sont décrites les licornes …dans presque tous les livres ou illustrations.
Animaux sous la lune, de couleur bleutée, toujours accompagnées d’une jeune fille, vierge en l’occurrence, et d’ailleurs, les « chasseurs de licornes » n’ont pas hésité à leurrer et jeune fille et licorne pour s’approprier en général la « corne » de la licorne, qui en général est censée avoir des propriétés magiques de même que la corne de rhinocéros, mais nous y reviendrons plus bas …

« la Dame à la Licorne »

Que ce soit à Bayeux, à Bruges, ou bien dans d’autres musées d’Europe ou d’ailleurs, les tapisseries représentant « La Dame à la licorne » ont suscité de nombreux débats et recherches à propos de cet animal , dit mythique, fabuleux et recherché des amateurs de rêves mais aussi des scientifiques .

A Bayeux, « Les cinq sens » et « La Dame à la licorne » sont renommés.
Presque partout, on en trouve des reproductions qui permettent aux amateurs plus démunis de pouvoir dire qu’ils ont des « licornes » chez eux : reproductions de tapisseries, posters, cartes.

Dans une île bleu-nuit, flanquée de quatre essences d'arbres différentes (pin, chêne, oranger et houx), on distingue la silhouette élancée d'une jeune femme élégante...
La tapisserie représentant la Dame à la Licorne fait partie d'une série de six, dont l'histoire est longue et mouvementée.

En 1882, le musée de Cluny achète à la ville de Boussac, au centre de la France, un lot d'objets d'origine médiévale, dont ces tapisseries murales. Le conservateur du musée estima à l'époque qu'il s'agissait de tapisseries françaises sorties d'un atelier ambulant, qui travaillait dans les pays de Loire. A l'époque de leur création, au XVè siècle, l'on distinguait les " tapisseries à hystoires " et les " verdures ". La Dame à la Licorne appartenait à ces dernières, appelées aussi " mille-fleurs ".

En 1965 et 1966, des experts internationaux les examinèrent, et cette thèse fut rejetée. Depuis, on incline à penser qu'elles sont originaires de Bruxelles, comme en témoigne leur haut degré de perfection et la technique complexe qu'elles révèlent. En outre, les personnages et les animaux qui y figurent rappellent le style puissant d'un excellent peintre, probablement Hans Memling, l'un des grands peintres bruxellois du XVe siècle.

La présence de cet animal dans les armes britanniques contribua à des erreurs d'interprétation de cette série de tapisseries. La Dame à la Licorne apparaît aujourd'hui, avec tout son mystère, dans une salle ronde de l'Hôtel de Cluny à Paris. Sur la tapisserie, la plus représentée, la licorne contemple son image dans le miroir que lui tend la dame, au centre de la composition. A droite, se trouve un lion qui tient entre ses pattes antérieures une hampe, dont la bannière porte un blason " de gueules à la bande d'azur chargée de trois croissants d'argent".

A ce propos, de nombreux experts se sont interrogés sur la signification de cet étendard. Certains ont suggéré que ces tapisseries aient pu être commandées par le prince Djem, fils infortuné de Mahomet II, le conquérant de Constantinople. L'idéal de ce prince, longtemps captif dans la Creuse consistait à réunir la Croix et le Croissant.

Finalement Edmond du Sommerard, nommé conservateur du musée de Cluny en 1842, trouva la solution de cette énigme. Il s'agissait des armes des Le Viste, importante famille de juristes établie à Lyon, et dont plusieurs membres occupèrent des places en vue à la cour de Bourgogne. Le blason de cette famille à côté d'un lion, emblème de la noblesse, ne doit pas nous étonner : en effet, une demoiselle Le Viste épousa un gentilhomme dont la noblesse était d'épée. Ces emblèmes représentent l'union des deux familles. Ces tapisseries turent introduites plus tard par une descendante de cette union au château de Boussac, dont elle avait épousé le seigneur.

Au cours d'un voyage dans la Creuse, George Sand découvrit ces tapisseries. Cette anecdote n'est qu'un épisode de plus dans l'histoire de la Dame à la Licorne. On admet maintenant que ces tapisseries représentent les Cinq Sens, facilement discernables malgré leur symbolique discrète.

La vue est symbolisée par l'attitude de la licorne contemplant son image dans le miroir que lui tend la dame. Pour l'ouïe, la jeune femme tient un petit orgue. Le goût est évoqué par le geste de la suivante qui tend une coupe à sa maîtresse; de plus, le singe s'apprête à goûter un fruit, et le lion montre des signes de gourmandise. Dans la quatrième, l'odorat, la dame tresse une guirlande, et le symbole est accentué par la mimique du singe respirant une fleur. Au cinquième tableau, le toucher, la dame effleure d'une main la corne de l'animal au pouvoir magique et, de l'autre, elle tient fermement la hampe de l'étendard.
Quant à la sixième tapisserie, connue sous le vocable "à mon seul désir", elle pourrait être une sorte de conclusion philosophique : la dame ne choisirait pas un bijou dans le coffret que lui présente sa suivante, mais, au contraire, y déposerait, en signe de renoncement, le collier qu'elle porte dans les cinq autres tapisseries. Selon certains auteurs, cette sixième tapisserie serait l'entendement, vertu qui, avec la vue et l'ouïe, définit les choses de l'esprit, alors que toucher, goût, odorat sont des sens de la matière.

Selon cette théorie, monde matériel et monde spirituel se sont unis dans cet animal fabuleux. Cette symbolique rejoint l'hermaphrodite de l'hermétisme et il n'en faut pas plus pour que certains aient vu dans ces tapisseries une représentation du Grand Oeuvre des alchimistes.

Gustave Moreau

C'est au musée de Cluny que Gustave Moreau put les admirer. Des licornes apparurent peu après dans au moins quatre de ses tableaux, peints dans les années 1885-1890. Comme le veut la tradition, leur poil est blanc, leurs sabots sont fendus, elles portent toutes - sauf une - barbiche. Elles apprécient toujours autant les présences féminines, mais les postures et les costumes de leurs compagnes nous font hésiter à voir dans ces blanches bêtes des symboles de la chasteté.
Ces licornes qui émigrent ainsi du "pays de satin" à l'univers pictural symboliste sont les héritières de la tradition allégorique et iconographique de la fin du Moyen-Age et de la Renaissance. Leur silhouette clairement équine montre bien qu'elles n'ont rien de commun avec l'antilope unicorne dont certains lettrés discutaient encore la réalité.

Hieronimus BOSCH et la licorne

Le peintre Jérôme BOSCH (+ aout 1516) est né dans le Brabant néerlandais à s’Hertogenbosch (Bois le Duc) entre 1450 et 1460, son surnom vient de cette ville, les italiens le connaissent sous le nom de Bosco di Bolduc.
On le connaissait à l'époque sous le nom de Van Aken car sa famille était originaire de Aachen (Aix la Chapelle). Son père Antonius était peintre et exécutait des commandes de sujets bibliques.
Son style et ses personnages n'ont pas, semble-t-il, de précédent, il influencera les toiles des Brueghel et constiuera un repère pour toute la peinture après lui. Des commandes lui vinrent de clients prestigieux, comme Philippe le Beau, souverain des Pays-Bas. Les visions fantasmagoriques, allégoriques, démoniaques qu'il nous présente sont mêlées des observations de la société de son temps et d'éléments empruntés à l'alchimie, de bribes de savoir venant d'Egypte via les grecs et les arabes ou des gravures figurant les épisodes bibliques en ces contrées.
Réputé pour les démons fantastiques ou les créatures angéliques qu'il représente, il frappa l'imaginaire de son temps comme il le fait toujours aujourd'hui. Son œuvre la plus connue est le triptyque du Jardin des délices. Parmi les créatures y figurant, la licorne se trouve en bonne
place, car elle est présente trois fois comme licorne terrestre.
Représentations discrètes si l'on considère le foisonnement des créatures des trois panneaux, elles ne sont pas moins significatives et essentielles pour expliquer le tableau. Rappelons tout d'abord que la licorne est le symbole du christ, comme nommément indiqué dans plusieurs passages de la bible.

La licorne était connue de par les textes grecs antiques. Dans un passage du Physiologus traduit par M. Freeman la licorne est décrite au bord d'un lac dans lequel les animaux viennent boire. "Mais avant qu'ils ne soient rassemblés, le serpent vient et lance son poison dans l'eau. Alors les animaux remarquent bien le poison et n'osent pas boire, attendant la licorne. Elle vient aussitôt vers le lac et, faisant le signe de croix avec sa corne, elle détruit le poison". Ce texte est réellement fondateur de la légende de la licorne au Moyen-Age. Sur le panneau gauche du triptyque, l'animal totem du diable ayant commis son forfait remonte sur
l'arbre de la connaissance à droite du lac.

Sur ce même panneau décrivant la création avant le péché originel, un étang d'eaux noires figure au premier plan, au pieds d'Eve. Celui-ci contient une licorne noire, que C. Prost appelle fausse licorne car elle ne purifiera pas ces eaux. Les eaux, élément symbolique de notre inconscient, des choses cachées, du mystère et de toutes phobies, sont connues à l'époque comme repaire possible du malin ou de ses miasmes. Le lac central du panneau ou figure une "fontaine aux chardons" abrite ces créatures sortant de l'eau pour se réfugier dans le giron du tentateur, l'entrée noire d'une caverne. La puissance de la licorne trempant sa corne
un peu en aval les chasse. Les eaux symbolisent notre monde depuis la chute, c'est le sujet du panneau central.

Quelle agitation et quel fourmillement de créatures dans ce panneau central! Jérôme Bosch faisait partie d'une confrérie religieuse, celle de Notre Dame, et il ne passait pas, semble-t-il, pour un libertin. Et pourtant... Représentation de nos passions humaines, essentiellement
celles liées au sexe, elle est remplie de fruits rouges (cerises, fraises, framboises, baies diverses) qui sont cueillis, brandis, utilisés, servant de contenants ou d'abris à moins que ce ne soient d'abîmes. D'autres contenants divers abritent des hommes ou des couples, des animaux et des plantes. Beaucoup d'éléments saillants de toutes nature (épines, hampes, cornes, becs) sont disséminés et parfois utilisés à des fins incongrues. Des tubes de cristal traversent la roche. Et si cela ne suffisait pas, la présence d'attitudes suggestives les plus variées est sans équivoque. C'est bien le péché de chair qui a mené l'homme en ce monde, et c'est bien le sexe qui le conduit toujours. Mais en ce monde l'angélique côtoie le démoniaque et le christ est présent, bien discrètement, grâce à la licorne. Ici se pose la question de savoir si Bosch et ses contemporains mesuraient l'ambivalence du symbole (corne = phallus; corne = purification), selon certains auteurs, il semble que oui. En tous cas les deux licornes du panneau central participent aux bacchanales effrénées.

Toutes deux font partie de la ronde des hommes chevauchant autour de l'étang des femmes. La première fait partie du dernier groupe de gauche entrant dans la ronde. L'animal semble être composite du chevreau et de la biche. Il a les sabots fourchus, sa robe comme sa corne sont blanches, on peut noter la présence d'une barbiche. Ses oreilles dressées sont plus longues que celles d'un âne, on peut les comparer car l’âne est présent dans le groupe. Cette licorne porte deux cerises sur sa corne unique, ce qui semble indiquer la nature phallique de son appendice frontal.

La seconde licorne du panneau central est figurée à droite de la ronde, en avant dernière position avant son interruption. Elle constitue à mes yeux un mystère : Le corps est plutôt celui d'un équidé, blanc comme la corne, il est difficile de dire si les sabots sont fourchus, sa queue est différente de celle des chevaux. Elle est cependant plus fine et élancée que les chevaux figurant dans le cercle, cependant elle ne porte point de barbiche. Sa corne est flamboyante, comme barbelée. Est-elle hérissée d'épines ou luit-elle comme le feu de Saint Elme ? Est-elle en glace ou en cristal ? Comme la cueillette des fruits, la cavalcade était à cette époque un symbole érotique fort. Cette ronde de cavaliers constitue bien un catalogue de tous les fantasmes érotiques du Moyen-Age, et cette licorne en fait partie.

Le symbolisme de la Licorne

La licorne médiévale est un symbole de puissance, qu'exprime essentiellement sa corne, mais aussi de faste et de pureté. D'après une vieille légende de l'Inde, la licorne est douée d'un pouvoir magique. Sa corne sépare les eaux polluées, détecte les poisons et ne peut être
touchée impunément que par une vierge. Devenue au Moyen âge symbole de pureté, elle fut adoptée dans l'héraldique, et figure dans de nombreuses armes, celles les plus connues sont celles d'Angleterre. C'est un animal de bon augure. La licorne concourt à la justice royale, en frappant les coupables de sa corne.

La licorne symbolise aussi, avec sa corne unique au milieu du front, comme une flèche spirituelle, un rayon solaire ou l'épée de Dieu, la révélation divine, la pénétration du divin dans la créature. Elle combat contre l'éclipse de soleil qu'elle dévore.

Elle représente dans l'iconographie chrétienne la Vierge fécondée par l'Esprit Saint. Elle est le symbole de la fécondité spirituelle et aussi le symbole de la virginité physique. Elle était devenue au Moyen âge la représentation de l'incarnation du Verbe de Dieu dans le sein de la Vierge Marie. La licorne devient par extension la figuration du christ, en ce qu'il opère des miracles et se sacrifie pour les hommes.
Dans les conceptions médiévales de l'amour courtois, la licorne est douée du mystérieux pouvoir de déceler l'impur, voire même la moindre altération dans l'éclat du diamant.

Ces êtres renoncent à l'amour par fidélité à l'amour. Le renoncement s'oppose à la possession, la survivance de la jeune fille à la révélation de la femme. Le mythe de la licorne est celui qui fascine le plus les cœurs corrompus. Elle est le symbole de la pureté agissante, sublimant la vie charnelle.

Le symbolisme de la purification des eaux par la licorne a été repris maintes fois en peinture ou en gravure. Ainsi, sur cette médaille de 1560, on peut lire: CAETERE AEQUE AC SIBI, pour les autres comme pour soi-même, référence à la description des propriétés de la licorne dans le Physiologus.

Sa corne unique a pu été comparée à une verge frontale, la licorne transcende néanmoins la sexualité. Des alchimistes voyaient en elle une image de l'hermaphrodite. Si en alchimie, la licorne symbolise le mercure, la Dame de la célèbre tapisserie est assimilée au Sel philosophal.

Historique & Héraldique

La licorne est mentionnée dans au moins sept livres de la Bible et comparée à l’esprit tout puissant de Dieu. La licorne n’apparaîtrait que pour ceux qui marchent dans la lumière et suivent l’esprit qui se révélerait alors librement à ceux qui justement le cherchent …

Les animaux des armoiries royales sont souvent des licornes, pour ne citer que la licorne d'Écosse .
Dès l'aube de la civilisation, les humains ont adopté certains animaux, réels ou imaginaires, comme symboles de souveraineté et de puissance. Ces «bêtes» sont d'ailleurs parmi les tous premiers icônes reproduits sur les blasons médiévaux. Henri VIII, le souverain Tudor (1509-1547), commanda des sculptures des bêtes les plus étroitement associées à la monarchie
britannique pour décorer son palais de Hampton Court. C'est de ces sculptures que sont inspirées les animaux des armoiries royales, de taille d'homme, taillées dans le plâtre pour garder l'entrée de la reine Elisabeth II dans l'Abbaye de Westminster lors de son couronnement, en 1953. Une reproduction a été offerte au Canada.

Un peu plus d’Héraldique

La licorne est une créature fréquente en héraldique, bien plus par sa
présence dans les ornements ( supports, timbres, cimiers...) qu'au centre
de l'écu.
Cet animal fabuleux symbolise en héraldique chasteté, pureté, amour
honnête. Représenté comme un cheval au front portant une longue corne
unique, ainsi qu'une barbiche sous la gueule, ses pieds ont des sabots
d'animal sauvage, fourchus, comme le daim, le cerf ou la biche. On gardera
à l'esprit que ce symbole est essentiellement christique, en rapport avec
le sacrifice du fils et sa résurrection.

Habituellement représentée passante, elle peut être aussi saillante, dans
la position du lion rampant.
En défense quand elle a la tête baisée, accroupie quand elle est assise,
(les pattes de devant posées au sol) et acculée quand ses antérieurs sont
dressés dans l'air. La licorne couchée semble plus rare.

Dans les brisures, selon que les modifications d'émail touchent certains
points de son corps, ont dit accornée (la corne), animée (les yeux),
onglée (sabots).

Quelques exemples:

La famille du Val, descendante en Champagne des comtes de Dampierre,
originaires d'Ecosse.
Blasonnement: de gueule à la tête de licorne d'argent.
Agrandissement

Louis de Luxembourg (+ 1475), comte de Saint Pol et connétable de France
en 1465 arborait comme insigne la licorne couchée, tête à senestre. La
devise était "mon mieux". L'animal ornera les jetons des comtes de Saint
Pol jusque 1540 environ.

Dans cet exemple la licorne est présente sur l'écu comme en ornement, au
niveau du timbre, sur le cimier d'un casque. (Ex-libris d'origine
allemande).

Bruno Faidutti nous signale que la licorne est l'emblème de la famille Borromée (Italie), la bête faisant fuir une vipère, animal emblématique de la famille rivale, les Visconti.
Ceci rappelle le caractère de la pureté du Christ (la licorne) chassant le mal (le serpent) de l'eau (le monde) où les animaux viennent boire (voir page Jérome Bosch).
Clark indique, lui, que cet emblème est celui de la famille Farnese et renvoie au tableau du Domenichino conservé au palais de cette famille.

Alice au Pays des Merveilles aussi, rencontre une licorne :
« -Alice : « Vous savez, j’ai toujours cru que les licornes étaient des monstres fabuleux, elles-aussi ? Je n’en ai jamais vue une vivante avant cela ! »
La licorne : « Eh bien, maintenant que nous nous sommes vues toutes les deux, dit la licorne, ‘si tu crois en moi, je croirai en toi »
(Lewis Carrol : Alice à travers le miroir )

L’on cite aussi le Ki-Lin en Chine dont « la voix était pareille à des cristaux ».
Comme souvent dans la mythologie occidentale, elle peut représenter Dieu, mais surtout la sagesse, et est censée vivre au paradis. Ses caractéristiques sont similaires à « notre » licorne.

La clan de la licorne

L'histoire de la licorne

"Quoi qu'il arrive, je reviendrai"
Shinjo
Shinjo »
L'histoire du clan de la licorne, ou Ki-Rin, comme il s'appelait au début, à vu ses traditions extrêmement influencées par la personalité de Shinjo, sa fondatrice. Shinjo aimait la création de seigneur lune et dame soleil, et elle s'émerveillait de toutes les choses qui avaient été créées. Elle sut qu'elle ne pourrait jamais tout explorer, et cela ne fit qu' attiser sa soif de découverte. Et chaque chose qu'elle découvrait l'émerveillait. Elle en garda toujours un amour immense pour la vie.
Les deux autres traits de son caractères qui se retrouvent encore aujourd'hui chez ses descendants apparurent lors du tournoi qui devait désigner l'empereur. Elle combattit Hida et triompha de lui, mais son énorme résistance et sa persévérance l'impressionnèrent, car il revenait sans cesse au combat. Elle se jura de toujours faire comme lui: ne jamais abandonner. Son adversaire suivant fut Bayushi, et elle fut défaite par ses ruses et ses tricheries. Elle se jura de ne jamais faire comme lui:
tricher pour gagner.

La guerre contre Fu Leng

Lorsque les armées de Fu Leng attaquèrent, elle se battit avec toute la rage qui l'animait car elle avait donné sa parole a ses gens que si ils la servaient, elle les protégerait. Elle était sur tous les fronts. La seule période qui reste obscure sur cette guerre, c'est lorsqu'elle partit seule
dans l'outremonde: elle n'en a jamais parlé. A la fin de la guerre, elle partit de l'empire car elle voulait savoir ce qu'il y avait au delà, et parce que cela permettrait sans doute d'obtenir des informations pour lutter contre les armées de l'outremonde. Elle était consciente que ce n'était que par miracle que l'empire avait été sauvé...

La loi de Shinjo

Un centaine de membres de la licorne choisirent de la suivre dans son périple au travers des terres inconnues de l'ouest. Ce fut au début de cette épopée que Shinjo édicta sa première te seule loi. Alors qu'ils traversaient un désert depuis plusieurs jours, elle dut empêcher deux
hommes de se battre: elle leur dit qu'ils devaient à tout jamais rester tous unis. C'est à cause de cela que aucun membre du clan n'a le droit de tirer son katana contre une autre licorne; et quand une licorne tire son katana, cela doit uniquement être pour tuer. Cette union fit leur force, car ils rencontrèrent un groupe d'humains qui tentèrent de les exterminer, mais
les Ki-Rin finirent par les soumettre. La légende dit que le clan, qui atteignait maintenant plusieurs milliers de membres, grâce aux adoptions, arriva à proximité d'un pays hanté.

Shinjo: la vie et la mort

La légende raconte que le clan se retrouva face a un territoire hanté, et que Shinjo s'y aventura seule car elle se sentait appelée. Elle revint une semaine plus tard et donna le jour a plusieurs enfants quelques mois plus tard. De ces enfants descendent tous les membres de la famille Shinjo. On ne su jamais rien du père...
Il semble qu’il disparut au cours d'une bataille contre les forces de l'outremonde, et qu'elle resta se battre pour permettre à ses enfants de fuir face aux hordes innombrables. Nul ne la revit jamais, et cela se passait il y a plus de cinq siècles. Toujours est-il qu'à la suite de sa disparition, les Ki-Rin changèrent de nom et s'appelèrent les licornes.

Retour vers l'empire

Les membres du clan continuèrent de voyager jusqu'à ce qu'ils décident de rentrer à Rokugan. Ils furent surpris par l’accueil qu'ils reçurent, car, alors qu'ils pensaient se retrouver chez eux, ce fut une armée qui leur fit front, les prenant pour des barbares, ou des forces de l'outremonde.
Ils finirent par se faire entendre, mais aujourd'hui encore, deux cent ans après leur retour ,ils sont toujours considérés comme des étrangers par certains.

Et la Science dans tout cela ?

« Ce n'est pas dit qu'il n'existe pas. Peut-être est-il différent de la façon dont le représentent ces livres. Un voyageur vénitien alla dans des terres fort lointaines, à proximité du fons Paradisi dont parlent les mappemondes, et il vit des unicornes. Mais il les trouva mal dégrossis et sans grâce, et d'une grande laideur et noirs. Je crois qu'il a bien vu de vraies bêtes avec une corne sur le front. Ce furent probablement les mêmes dont les maîtres de la science antique, jamais tout à fait erronée, qui reçurent de Dieu la possibilité de voir des choses que nous, nous n'avons pas vues, nous transmirent l'image avec une première description fidèle. Puis cette description, en voyageant d'auctoritas en auctoritas, se transforma par successives compositions de l'imagination, et les unicornes devinrent des animaux gracieux et blancs et doux. En raison de quoi, si tu sais que dans une forêt vit un unicorne, n'y va pas avec une vierge, car l'animal pourrait ressembler davantage à celui du témoin vénitien qu'à celui de ce livre. »
Umberto Eco, Le Nom de la rose

"il y a dans l'Inde des ânes sauvages de la grandeur des chevaux et même
encore plus grands. Ils ont le corps blanc, la tête couleur de pourpre, les
yeux bleus, une corne au front de la longueur d'une coudée. La partie
inférieure de cette corne, en partant du front et en remontant jusqu'à deux
palmes, est entièrement blanche. Celle du milieu est noire, la supérieure
est pourpre, d'un beau rouge, et se termine en pointe."
(Ctésias, médecin grec, qui avait déjà étudié l’animal).

L’on parle aussi souvent des « licornes de mer » ou bien Narval, ces animaux marins possédant une longue corne .
De nombreux chercheurs se sont penchés sur la question et ont réussi a remonter le temps jusqu’à la période des fossiles, en trouvant quelques éléments corroborant leurs dires .
Si le Narval existe cependant , est-il devenu animal marin au temps de la disparition des dinosaures ?
La licorne s’est elle réfugiée dans les eaux pour échapper à une mort certaine ?
Les débats qui animent ces mêmes chercheurs sur les origines des grands serpents de mer ou des dragons, ou encore d’autres animaux « dits mythiques » sont encore loin d’être clos !

Quant aux références au rhinocéros ou rhinocéron, elles sont aussi nombreuses, et certains scientifiques, au cours des siècles ont voulu prouver qu’il ne s’agissait en fait que de cet animal connu depuis des lustres, et qu’on appelait alors : licorne .
Etymologiquement, rhino signifie nez, donc, on pourrait aussi parler de la chèvre et des antilopes d’Afrique qui souvent ont été comparées à LA licorne .
En bref, tout ce qui a une corne, et même l’éléphant seraient donc a considérer de très près ?
On raconte qu’un licorne pourfendit un éléphant en son ventre !

En ce qui concerne les propriétés médicinales offertes depuis le Moyen-Age par les cornes de licornes mais aussi de rhinocéros ou autre bête à cornes, elles ne se comptent plus, et la licorne est l’emblème des Armoieries de la Société des Apothicaires de Londres, dessinées en 1617 par William Camden.

« Des licornes chevalines supportent l'écu. Le cimier est un rhinocéros inspiré d’un modèle de Dürer. Son imaginaire corne dorsale est presque aussi longue que la corne nasale, également spiralée. Cette étrange cohabitation montre que, en médecine également, le rhinocéros concurrençait la licorne, sans que la courte corne de celui-ci soit toujours clairement distinguée du long rostre de celle-là. » (Bruno Faidutti- thèse sur les licornes)

Et l’auteur argumente : Extraits encore de sa thèse :

« Cette licorne de mer voisine avec un éléphant de mer, un singe (ou lion) de mer, un sanglier de mer, un cheval de mer, un bouc de mer, un âne de mer, une chèvre de mer... et montre seulement que les artistes suisses voyaient les créatures marines à l'image des animaux terrestres, dont la licorne faisait sans nul doute partie. »
Plus loin, l’auteur remonte encore l’histoire à la recherche de la licorne perdue :
« L'idée selon laquelle les cornes de licorne provenaient en réalité d'un poisson des mers septentrionales fit néanmoins son chemin tout au long du XVIème siècle. Nous l'avons rencontrée, entre autres, chez Andrea Marini s'étonnant que ces belles cornes fussent plus nombreuses en Angleterre qu'ailleurs, chez Pierre Belon affirmant que nombre de morceaux de licorne n'étaient que «rouelles de dents de rohart» (défenses de morse), chez Jan van Gorp soupçonnant «que cette corne provient de quelque poisson, parce qu'il y a beaucoup de merveilles dans le monde marin, et parce que la corne semblable que j'ai vue à Anvers provenait d'Islande»
Toujours dans l’élément aquatique, Mr Faidutti trouve des arguments à l’appui :
« En 1577, le navigateur anglais Martin Frobisher entreprit son second voyage à la recherche du passage du Nord-ouest. Au cours de cette navigation, les marins virent dériver près de l'un des navires «un poisson mort, qui portait sur son nez une corne droite et torsadée, longue de deux yards moins deux pouces [soit environ 1m80]. La pointe de cette corne était brisée, ce qui nous permit de constater qu'elle était creuse. Nos marins mirent dans ce trou des araignées, qui en moururent. Je n'ai pas vu moi même cette expérience, mais on me l'a rapportée pour vraie, et nous en déduisîmes qu'il s'agissait d'une licorne de mer . »
L’origine marine de notre amie mythique serait peut-être sur le point d’être prouvée ?
« Sur les cartes manuscrites de la côte occidentale du Groenland levées par James Hall, pilote de l'expédition danoise de 1605, de petits dessins résument l'observation de la faune locale et des indigènes. On y voit ainsi des esquimaux en kayak, des tentes, mais aussi des baleines et, probablement, des narvals. Il est remarquable que, alors même que ces cartes ont été dessinées par un témoin oculaire, la représentation du narval reste largement tributaire de l'image classique de la licorne: l'animal a une queue de poisson et la silhouette trapue des baleines, mais il a aussi un chef chevalin, une corne dressée en plein front, deux longues nageoires à l'avant, placées comme les pattes d'un quadrupède. Les animaux que James Hall avait vus étaient pour lui des «licornes de mer», et il les dessina donc à l'image de leurs supposées cousines terrestres et quadrupèdes. »

http://faidutti.free.fr/
http://faidutti.free.fr/licornes/these/these.html

Quelles que soient la ou les « vérités » sur l’animal, il faut de toutes façons le laisser dans l’imagination des peuples, car c’est une très grande Dame du fantastique sans laquelle beaucoup de contes et récits n’auraient pas vus le jour …
Demeurons dans le monde imaginaire, qui côtoie aussi bien Peter Pan que la fée Clochette,
L’Ankou ou le Kraken, les fées et les sorcières…….et laissons-nous aller au rêve .

Et même si la « chasse à la licorne » n’était rien d’autre qu’une autre « chasse au Snark » (Lewis Carrol), il faut y croire.

Pour terminer sur une citation de Peter S. Beagle (La dernière licorne)
« Elles se souviendra de votre cœur, lorsque les hommes seront devenus des contes de fée dans des livres écrits par les lapins »

BIBLIOGRAPHIE

• Les livres écrits sur les licornes ne se comptent plus, et il est nécessaire d’en faire le tri .
- « The last Unicorn (la dernière licorne) » de Peter S. Beagle étant le plus souvent cité .
Histoire du sorcier Shmendrick et de Molly, qui s’unissent avec une licorne, Lady Amalthea dans une quête sur les traces des licornes disparues .

- « The unicorn sonata », son deuxième livre sur les licornes .
Faunes et sirènes à première vue...Il les décrit plus comme des antilopes, ongulé à deux doigt,
crinière, taille moyenne, bien en dessous du cheval, queue léonine, unicornue, vision bien plus en accord avec les représentations moyenâgeuses de l'animal que ces pauvres chevaux avec une grosse corne sur le front,
Mais aussi :
- « Acorna » de Anne McCaffrey :
Histoire d’un couple de mineurs de l’espace trouvant une fillette a demi licorne . La fillette sauve un jour les enfants travaillant sur une planète .
- « Guinevere » de Sharan Newman
Histoire de l’enfance de la future reine Guenièvre et de son amitié avec une licorne .

De nombreux livres à caractère zoologique parlent des licornes, animaux mythiques mais ayant peut-être existé.
- The Magic Zoo by Peter Costello
Guide des licornes et autres créatures magiques.
- Encyclopedia of Things That Never Were by Michael Page and Robert Ingpen
Autre très bon guide sur les licornes et tous les autres animaux mystiques, magiques ou mythologiques.
- De Historia et Veritate Unicornis (On the History and Truth of the Unicorn) an origanal manuscript by Magnalucius annotated by Michael Green
Manuscript écrit par un moine du Moyen-Age revélant la vérité sur la licorne et son mode de vie .

• Les films eux, par contre sont moins « fournis » en licornes.

- The Last Unicorn:
Le film suit le livre de Beagle, et à la fin, après de nombreuses péripéties, la licorne devient humaine ….
- Legend:
Histoire d’un jeune - homme , rejoint par des elfes pour sauver les licornes ainsi que sa fiancée d’un méchant démon qui a pour but d’enlever au monde sa bonté et sa lumière .

© Catherine Escarras