
L'alchimie
Un document inédit relatif à « Hermès dévoilé
» de Cyliani
L’art de la transmutation à froid
«
Ayant fini mon oeuvre, je pris 100 grammes de mercure distillé
et les mis dans un creuset. Aussitôt qu'ils commencèrent
à fumer, je jetai dessus 1 gramme de mon soufre transmutatoire,
il devint en huile au-dessus du mercure et je vis ce dernier qui se figeait
successivement de plus en plus. Alors j'augmentai mon feu et le fis sur
la fin plus fort en le continuant, jusqu'à ce que mon mercure fut
parfaitement fixé, ce qui dura environ une heure. L'ayant coulé
dans une petite lingotière, je l'éprouvai et le trouvai
meilleur que celui de la minière. » peut-on lire, en 1832,
dans « Hermès dévoilé » de Cyliani. Cet
auteur aurait été chimiste de profession et ce nom, Cyliani,
serait un pseudonyme pour certains spécialistes en ouvrage alchimique.
Qu’en est-il vraiment ? C’est ce que nous tenterons de savoir
au fil des prochains chapitres sur celui qui aurait réussi le Grand
Magistère depuis la « Pierre Rouge » (qui pour lui
a pour nom ‘soufre transmutatoire’)… puisqu’il
écrit un peu plus loin : « Nous vîmes avec joie
le mercure offrir un phénomène bien curieux et se coaguler
avec la couleur du plus bel or ; je n'avais plus qu'à le fondre
dans un creuset et le couler ; je fis ainsi la transmutation à
froid au grand étonnement de ma femme ».
Un ouvrage bien connu…
Cyliani, pseudo ou non, édite un ouvrage sous le titre de «
Hermès dévoilé » qu’il adresse au ‘curieux
de Nature’ ou… ‘étudiant sincère’.
Ce volume contient effectivement de nombreux éléments à
propos desquels chacun peut douter ou non de leur véracité.
Parmi ces ‘révélations’ il y en aurait de plus
précises que d’autres, et en tous cas plus aptes à
conduire celui qui sait les lire à des résultats hors du
commun. Vrai ? Faux ? Seule l’expérience peut nous répondre
sur le contenu du savoir de Cyliani… qui affirme encore au fil de
ses écrits: « Voilà la raison qui m'a porté
à transmettre à la postérité les opérations
à faire dans le plus grand détail, sans rien omettre, afin
de la faire connaître, de prévenir aussi la ruine des honnêtes
gens et de rendre service à l'humanité souffrante. »
Certes, l’humanité souffre toujours mais pour des raisons
autres que la responsabilité du désir de Cyliani de la sortir
de son ornière.
Tout chercheur en matière de Grand Œuvre détient cet
ouvrage et s’étonne que nous disions ici présenter
un élément inédit à ce propos. Pourtant, oui
pourtant, ce chapitre est la confirmation de nos dires.
Une fois encore, c’est sur les rayons des archives de Zéphyrin
que nous pouvons puiser pour tenir la gageure de proposer de l’inédit
en matière de Grand Magistère et nous le remercions de sa
confiance de laisser diffuser certains éléments inconnus,
comme celui qui va suivre. Zéphyrin détient effectivement,
dans l’immensité de sa documentation, de petits trésors
qu’il nous permet de mettre à la portée de tous les
curieux de Nature et les autres.
… mais un document inédit
Il s’agit
ici d’un courrier inédit à propos de commentaires
sur le fameux « Hermès dévoilé ». Cette
lettre est adressée par G. Perard, qui était le médecin
de Cyliani, à un certain monsieur Deyrolles. Dans son ensemble
le précieux document est composé de trente et une pages.
Cette première partie de six pages manuscrites, présentées
ici, se réduit à trois feuillets une fois dactylographiées
par le docteur Perard pour plus de lisibilité. Cette ‘introduction’,
voulue par l’auteur de cette ‘lettre’ est d’apporter
des indications sur le sens de la préface de l’ouvrage, voulue
par Cyliani comme prélude essentiel à ses explications et
commentaires contenus dans son livre.
Jusqu’à ce courrier, rien ne permettait de lire en clair
le sens hermétique de l’introduction. Perard n’est
pas un illuminé se bombardant d’un savoir unique, comme certains
prétendus ‘alchimistes’ tout juste bons à jouer
les dandys ou les ‘souffleurs’ d’opérette. Il
s’agit d’un honnête ‘amateur’ (celui qui
aime) ayant reçu des confidences de la bouche même de Cyliani,
qu’il voulut bien en son temps retransmettre à son correspondant.
On aurait pu douter d’un tel courrier et c’est pourquoi Zéphyrin
nous autorise à publier l’original de ce document et sa transcription
dactylographiée afin d’en rendre plus accessible la lecture.
A l’intention des puristes, nous laissons à notre reproduction,
la même pagination et passages à la ligne que l’original
afin de ne pas en dénaturer les teneur et présentation.
La suite des autres pages sera présentée, par Zéphyrin,
au fil de chapitres suivants agrémentés d’éléments
sur Cyliani lui-même.
Nous remercions une fois encore notre ami de permettre la diffusion de
cet écrit inédit et de nous faire bénéficier
de son savoir sur ce sujet encore inconnu à ce jour. Cependant,
toute personne étant en mesure d’apporter d’autres
éléments, sur ce sujet ou cet auteur, peut entrer en contact
sur ce propos par le biais de la SP… et faire plus de lumière
sur cet auteur et ses travaux.
A suivre !!!
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HERMES DEVOILE par CYLIANI
Avec commentaires explicatifs de G. PERARD
MONSIEUR,
Vous me demandez si vous pourriez vous procurer un ex-
emplaire de l’Hermès dévoilé de Cyliani.
Cet ouvrage est actuellement
introuvable, même chez les bouquinistes, car, à
peine publié il a disparu
comme par enchantement. Celui que je possède je le tiens
de Cyliani lui-
même.
Vous savez combien les vieux alchimistes sont obscurs, à
tel point que, plus ils paraissent clairs, plus il faut s’en
méfier et
Cyliani, qui fut un esprit fort subtil, ne mit cependant pas
moins que
tout l’espace qui sépare la jeunesse de la vieillesse
pour percer com-
plètement le voile de leur mystérieux langage.
Croyant que le feu des chimistes vulgaires devait servir
à la préparation de la matière philosophique,
il faillit perdre la vue
en contemplant les divers ingrédients en fusion dans
ses creusets. Il
essaya tout, du vulgaire sulfate de fer au sulfure d’antimoine,
y compris
le zinc, l’arsenic et un grand nombre de pyrites. Il fut
continuellement
déçu. C’est alors qu’il changea de
voie alors qu’il touchait
à la ruine et au désespoir et qu’il trouva
le merveil-
leux secret.
Ainsi que Trévisan, il considéra les années
passées dans
les peines et les labeurs inutiles et fut ému de pitié
en songeant à la
grande quantité de chimistes pauvres et sincères
qui consument leur
jeunesse et leur santé dans de fallacieux travaux. C’est
pourquoi, dans
le but de leur venir en aide, il écrivit le plus admirable
traité qui ait
été jamais rédigé, sachant que lorsqu’on
a en main la matière première
et qu’on a découvert le feu secret, il reste encore
bien du travail à
accomplir.
Page 2
Ainsi bon nombre d’auteurs qui ont écrit sur l’art
spagyrique n’ont
jamais pu aller plus loin, malgré leur finesse d’esprit,
tel que Blaise
Vigénère qui passa cinquante ans en labeurs inutiles
et mourut sans
avoir pu faire la pierre, bien qu’il connût la matière
et le feu secret.
Cyliani, se bornant à mentionner cette matière
et le feu se-
cret, qui après tout ne sont pas difficiles à
découvrir (d’autant plus
qu’il les désigne suffisamment lui-même)
écrivit en toute sincérité
les diverses opérations qui conduisent au grand œuvre,
à tel point que
son traité est aussi précis en son genre que n’importe
quel traité
de chimie moderne.
Puisque vous vous intéressez à l’alchimie
et que vous avez
toutes les qualités de cœur et d’esprit nécessaires
pour y réussir,
je transcris pour vous cet opuscule, en y ajoutant les commentaires
que je
reçus de la bouche même de l’auteur et qui
sont aussi précieux que son
traité est aujourd’hui rarissime. Vous n’aurez
donc plus rien à désirer,
il ne vous restera qu’à méditer et ensuite
mettre la main à l’œuvre.
J’omets la préface qui est le récit d’un
songe que je vais
vous relater fidèlement en l’accompagnant des explications
verbales
et fort explicites de l’auteur.
PRECIS EXPLICATIF DE LA PREFACE D’HERMES DEVOILE
Songeant au pied d’un arbre, Cyliani voit une nymphe dont
l’es-
sence est céleste, elle le guide jusqu’à
la porte d’un temple dans le-
quel est renfermée la matière première.
Ce temple est gardé par un dragon dont seule la mort
en permet
l’accès. Pour le tuer, la nymphe donne à
l’auteur une lance et un liquide
dissolvant.
Il fait alors rougir la lance au feu, puis à l’aide
du liquide
il dissout la serrure du temple et ouvre la porte. Il tue le
dragon qui
se trouve derrière, d’un seul coup de sa lance
incandescente. Il pénètre
dans le temple où sont deux vases en cristal.
Page 3
Le premier est orné d’une couronne d’or
à trois fleurons, il
porte cette inscription : ‘’Matière contenant
les deux matiè-
res ou matière métallique’’. Le second
qui est orné d’une couronne d’argent à
neuf
étoiles a comme inscription : ‘’Esprit astral’’.
Cyliani est alors en posse
ssion de tout ce qui lui est nécessaire pour entreprendre
le GRAND ŒU-
VRE.
Voilà maintenant l’explication du songe de Cyliani,
telle
qu’il me la donna lui-même. Elle n’est pas
dans son traité.
1 – La nymphe symbolise l’inspiration divine sans
laquelle on ne peut
rien savoir de précis touchant le commencement du magistère.
2 – Le temple est la matière première qui
est très difficile
à dissoudre pour en séparer les deux principes
qu’elle contient.
3 – La lance est le feu secret qui est le véritable
agent séparateur et
que l’artiste doit préparer lui-même.
4 - Le liquide dissolvant la serrure prépare la matière
à être attaquée
par cet agent séparateur. L’artiste doit aussi
le préparer.
5 – Le dragon est la matière excrémentielle
et de nature sulfur-
reuse ou arsenicale qui retient prisonniers les principes métalliques
de la pierre.
6 – Le premier vase indique que, lorsque le dragon est
tué, on peut
recueillir les deux matières métalliques de nature
aurifique qui sont
les spermes masculins et féminins des métaux.
7 – Le deuxième vase indique qu’il se dégage
de la matière première
un esprit astral de nature argentine qu’il faut avoir
soin de ne pas
laisser s’envoler sous forme d’une fumée,
mais de le recueillir précieu-
sement dans un récipient où elle se congèle
d’elle-même.
En résumé il reste :
1 – Ensemble les deux natures métalliques
2 – L’esprit astral condensé.
Il ne reste donc plus qu’à les travailler. Cyliani
l’indique
par ce qui suit.





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