
L'alchimie
| LA
TABLE D'EMERAUDE D'HERMES TRISMEGISTE
« Il est vrai, sans mensonge, certain et très
véritable. Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut,
et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, afin que la merveille
de l'unité se réalise.
Ainsi toutes choses ont été et sont venues de l'un,
ainsi toutes ces choses sont nées de cette chose unique,
par adaptation.
Le soleil en est le père, la lune en est la mère,
le vent l'a porté dans son ventre, la terre est sa nourrice;
le Thélème de tout le monde est ici.
Sa puissance est sans limite sur le monde.
Tu sépares la terre du feu, le subtil de l'épais,
doucement, avec grande industrie.
Il monte de la terre vers le ciel, et redescend aussitôt sur
la terre, et il recueille la force des choses supérieures
et inférieures. Tu auras ainsi toute la gloire du monde,
et c'est pourquoi toute obscurité s'éloignera de toi.
C'est alors force de toute force, car elle vaincra toute chose subtile
et pénétrera toute chose solide.
Ainsi le monde a été créé.
Voici la source d'admirables adaptations indiquées ici.
C'est pourquoi j'ai été appelé Hermès
trismégiste, ayant les trois parties de la philosophie universelle.
Ce que j'ai dit de l'opération du soleil est complet. » |
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L'alchimie est probablement, avec la magie rituelle, la plus ancienne
science de l'humanité. Le renouveau qu'elle connaît aujourd'hui
est un paradoxe avec le matérialisme mélangé d'incrédulité
qui caractérise notre pensée actuelle. Quelle victoire éclatante
pour cette discipline dite "empirique"!... Empirique? Pour le
seul pays de France, les bibliothèques régionales et nationales
regorgent de plusieurs milliers d'ouvrages, manuscrits ou imprimés,
dont certains n'ont jamais été traduits en français
contemporain ou étudiés. Empirique? Cette véritable
science qui donna naissance aux alcaloïdes, sels, acides, bain-Marie,
eaux-de-vie et tant d'autres éléments chimiques encore en
cours dans notre chimie moderne.
L’art royal
L'étude de cette science hermétique, appelée "Art
Royal", fait des adeptes de plus en plus nombreux au sein d'une élite
cultivée et de haut niveau technologique qui pourrait être
tout sauf des farceurs. Nous sommes loin des images populaires de souffleurs
à longues robes sombres et chapeaux pointus. Notre époque
est celle des ouvertures et des secrets enfin révélés
et cette situation recule considérablement l'exploration des domaines
humains encore obscurs.
L'étude de la science hermétique était autrefois
réservée à une caste et une élite loin de
l'état de crédulité montré habituellement
tel que: rois, papes, personnages politiques ou scientifiques... en un
mot: ceux qui s'évertuaient à traquer les alchimistes, et
surtout à entretenir la conspiration du silence imposée
par la propriété de pouvoirs qu'ils savaient illimités
dans la matière et la maîtrise de la durée.
L'étude de l'Art Royal est maintenant un peu plus accessible, en
raison d'une grande divulgation littéraire, aux "curieux de
nature" prêts à fournir l'effort nécessaire et
surtout la remise en question de leurs modes de pensée et connaissances
chimiques ou spirituelles afin de s'affranchir de leurs limites.
L’Arcane majeure
Si l'arcane majeure passe effectivement par la production matérielle
de l'argent-lune ou de l'or-soleil, il est évident que si le but
se résumait à cette seule opération, ce serait un
résultat bien mince... au sens Philosophique du mot! L'alchimie
est en réalité l'accès à la connaissance ultime
de l'univers, aussi incroyable et inacceptable que cela puisse paraître.
A ce sujet, la sélection des chercheurs "Amoureux de la Vraie
Science" se réalise d'elle-même. Celui qui est attiré
par la seule production de "teintures minérales" s'égarera
dans le labyrinthe ténébreux des textes, dont il ne mesurera
jamais ni la portée, ni le sens profond et dont il ne sortira qu'à
grand peine ou totalement écoeuré.
Le "Philosophe de Nature" ne désirant que la seule science
obtiendra, en gage de sa persévérance, la transmutation
matérielle. Ce chercheur d'absolu aura à coeur de "pressentir",
au delà de la transmutation de la matière, une véritable
transsubstantiation physique, débouchant sur l'accès à
des secrets de la nature, généralement inaccessibles à
notre vision du sens commun.
Le secret de la matière
Percer le secret de la matière n'est pas chose facile, et si ténu
est le fil d'Ariane dans les méandres du grand dédale alchimique,
que rares sont les élus parvenant à le découvrir,
pour protéger leurs travaux et leur vie, les "philosophes
de nature" utilisèrent une langue cryptée extrêmement
obscure. Il semble aussi que, pour embrouiller un peu plus l'écheveau,
le système de chiffrage varie aussi d'un chercheur à l'autre...
Aussi, la première épreuve à subir est-elle de surmonter
les difficultés pour accéder aux clés de lecture.
Cette science est établie sur une base cabalistique évidente
et il va de soi que la transmission des bases de données ne peut
"s'entendre que de bouche à oreille... sous peine de perdre
sa "substantielle moelle". Le fabuleux secret est si précieux
qu'il doit être à tout prix dissimulé des yeux néophytes
et, s'il est parfois nécessaire pour les initiés de s'en
entretenir, ce ne sera qu'au travers d'énigmatiques images, allégories,
discours métaphysiques et propos équivoques destinés
à brouiller les pistes. Prenons, par exemple, les trois éléments
d'alchimie les plus usités: le "soufre" désignera
l'élément masculin, fixe et actif. Le "mercure"
sera l'aspect féminin, volatil et passif. Enfin le troisième:
le "sel" ou "arsenic", qui sera le liant ou lien relationnel
ou encore le fruit des deux précédents. Notons aussi que
"sel" vient, en alchimie, du mot "sceller": fermer,
mais aussi signer...
Chaîne et livre muet
Il semblerait que chaque ouvrage, comme lié à une invisible
chaîne, ne puisse qu'éclairer un autre ouvrage qui lui-même
contient ce que les autres ne possèdent pas. A ce sujet, le ‘Mutus
Liber’ est inflexible: « Lis, lis, lis, relis, travaille et
tu trouveras ». Ultime et utile conseil contenu seulement à
la dernière feuille de ce "livre muet"! Pour rester au
début de cet ouvrage rare, il sera utile d'en lire les chiffres,
nombres et lettres en les retournant. Ainsi 21-11-82. NEG donnera pour
information GEN. 28-11-12. Ce groupe nous informe que l'auteur place symboliquement
ses travaux sous un rapport biblique et particulièrement en ce
qui concernera la GENèse... les chiffres nous informent sur les
livres, chapitres et versets en question... idem pour les deux autres
informations NEG. (autre chapitre de la genèse) et TUED qui signifie
DEUTéronome... Comme on peut le voir, le premier obstacle à
surmonter est de se familiariser subtilement avec les termes alchimiques,
tout en restant d'une vigilance de chaque instant. En effet, il est facile
de débuter par les ouvrages les plus clairs et les plus accessibles,
mais il faut une prudence proportionnée à la facilité,
car il est à craindre, dans ce domaine, que ces textes cachent,
en vérité, les tromperies et les pièges les plus
insidieux. Nous en avons un exemple flagrant en ce qui concerne "Entrée
Ouverte au Palais Fermé du Roi" d'Eyrénée Philalète,
qui reste une des oeuvres les plus ambiguës en ce domaine.
Cette pénombre secrète, ce mystère entretenu, donnent
le prétexte à présenter le Grand Oeuvre comme une
chimère ou un mirage utopique. C'est cet aspect du problème
qu'utilisent de nombreux "savants" pour démontrer l'extravagance
de l'alchimie. La conclusion de cette joute livresque est résumée
par un antique sage grec qui affirmait: « J'ignore tant de choses
que je puis dire: je sais seulement que je ne sais rien! Ce qu'on nomme
la science a souvent des préjugés infiniment plus difficiles
à vaincre que l'ignorance elle-même. »
Jeux des mots
Quasiment tous les
écrits alchimiques disponibles aujourd'hui passent sous silence
la première phase de l'œuvre, ou alors l'éclairent
de descriptions débridées et fantaisistes. C'est le cas
pour la matière première, affublée des termes: dragon,
pierre des philosophes, mercure, dissolvant... en tous les cas, rien de
concret ou d'opérationnel!
Ce handicap est majeur, car même si l'on comprend le processus,
il est impossible à mettre en "oeuvre" sans la matière
de base. La mise en oeuvre pour rendre "opérative" cette
matière primordiale passe par des épreuves symbolisant les
7 travaux d'Hercule et s'achevant par la conquête de la toison d'or
des "Philosophes de science". Il faut effectivement la patience,
la persévérance, la motivation d'un "hercule"
pour accomplir les travaux à travers les premiers processus, qui
ne peuvent se réaliser sans la connaissance entière des
éléments de base, tels que les quatre bases primaires: Eau
> Aqua, Terre > Terra, Air > Aer et Feu > Ignis... Ils s'opposent
deux par deux pour former la ‘Croix d'Éléments’
appelée ‘Contraria’!
Temps et patience! Le procédé, outre le travail au "fourneau",
ne se "réalise" (au sens noble du mot) vraiment qu'en
accord rigoureusement parfait avec le "sel" de l'esprit, dont
nous reparlerons plus tard. Il n'est pas simple, de prime abord, de comprendre
le procédé de captage, en quantité nécessaire
de ‘l'Esprit Substantiel’, sans lequel rien ne saurait être
entrepris... qui ne soit l'Art Royal! Cet "esprit" n'est autre
que le feu enté sur le minéral cubique de la maîtrise
suprême régissant l'univers. Cet "esprit" issu
du soleil réduit et inhibe la matière. Tout ceci n'est que
le travail "initial". Initial est ici à prendre au sens
étymologico-symbolique, à savoir: Initial, qui commence
aussi après avoir vécu l'initiation, l'ouverture, la re-naissance,
la clarté. L'art d'alchimie n'est jalonné que d'ombres et
de clartés.
Solve et Coagula
Ensuite? Cyliani nous dit: « maintenant que tu as passé
les travaux d'Hercule et que tu possèdes les matières, ce
n'est plus qu'un travail de femme ou d'enfant attentif et soigneux ».
Ce ne sont plus que cuisson et veille d'entretien. Dès cet instant,
toute l'oeuvre philosophique ne se résume plus qu'à Solution
et coagulation! Si l'on a bien su lire, car on ne peut en dire plus, il
est aisé de concevoir que la pierre générée
imite à la perfection l'univers de sphères. La genèse
nous conforte sur ces événements générant
la séparation du chaos des éléments, l'épais
du subtil, pour qu'enfin reculent les ténèbres devant la
lumière... Pour dépasser le premier obstacle, il est indispensable
de s'abstenir de toutes conceptions habituelles et ordinaires. Pour appréhender
les multiples opérations, il est nécessaire de suivre rigoureusement
l'évolution établie par la nature elle-même. : «
Que la nature soit ton guide, que ton art la suive pas à pas; car
tu t'égares loin d'elle » - Michel Maïr (Emblème
XLII)
Mais que de temps perdu dans l'acquisition, hypothétique, de l'ensemble
indispensable des connaissances nécessaires à la réalisation
du grand magistère. Que de temps perdu à parcourir le dédale
des ouvrages avares de vérités opératives... mais
larges de détails allégoriques creux et redoutablement vide
d'instruction. Que de temps perdu et de déceptions devant ces volumes
qui pourtant offraient toutes garanties de vérité.
Le tangible et les trois règnes
Le moment est arrivé de révéler les opérations
jusque là soigneusement occultées. Malgré ce qui
peut se dire, il est encore possible d'accéder au magistère
de la transmutation.
Nous sommes en mesure de produire les répertoires complets, clairs
et précis, sur les unités de poids et de mesures, temps
et quantités. Nous pouvons aussi donner de nombreuses descriptions
de travaux compréhensibles par l'adepte attentif. A titre indicatif,
nous pouvons fournir un détail qui bouleverse tous les travaux,
sens de recherches, et préceptes admis et établis à
ce jour dans ce domaine.
Faisant momentanément abstraction de la phase spirituelle, il est
possible de réduire à ce simple tableau les règnes
terrestres et les sciences qui leur correspondent: Règnes: Minéral
- Végétal - Animal.
Il est entendu que le règne humain est compris dans le règne
dit "animal", dont il se veut le plus beau fleuron, car nous
sommes dotés de l'élément le plus fabuleux: l'esprit!
Cet esprit qui nous fait "pensants" et donc doués d'intelligence.
A ces règnes correspondent leurs travaux essentiels:
-Minéral > Alchimie > Transmutation de l'impure et lourde
matière et un matériau noble et pur.
-Végétal > Spagyrie > Transmutation du principe passif
en principe actif.
-Animal > ???????
Si l'on regarde à présent les écrits concernant ces
travaux hermétiques, nous constatons qu'il en existe près
d'un millier en ce qui concerne l'alchimie, pas plus d'une douzaine pour
la spagyrie et... aucun pour cette science sans nom!
Science ‘innommée’
Du tableau précédent nous pouvons déjà dégager
quelques conclusions provisoires:
Il apparaît que l'homme, très vite, s'est attaché
à étudier et pratiquer l'alchimie , ainsi qu'à produire
des écrits en grandes quantité sur ce domaine, pourtant,
semble-t-il, bien hasardeux . Ces écrits, en outre, sont assez
obscurs ; nous l'avons vu précédemment.
Puis, il y a cette seconde science découlant de la précédente:
la spagyrie. En ce qui concerne cette dernière, les écrits
que l'on peut se procurer sur ce sujet sont assez accessibles et permettent
des travaux extrêmement intéressants et productifs. Curieusement
il y a très peu d'ouvrages...
Quant à la troisième science... elle n'a pas de nom, ni
d'ouvrages! Peut-on dire qu'il s'agisse de cette fameuse science ‘innommée’
dont parlent à mots très couverts quelques rares initiés?
Pourtant, si une telle science existe, et si l'on imagine la courbe suivante:
moins il y a d'écrits, plus ce travail est réalisable et
accessible, nous devrions en trouver au moins une forme de mémoire.
De constat nous pouvons dégager deux solutions:
1) Aucun travaux, aucune recherche sur cette voie! Dans ce cas, il est
évident qu'il n'y aurait eu aucun écrit. Mais lorsque l'on
connaît l'état d'esprit des chercheurs en alchimie, il est
impossible d'imaginer qu'aucun d'entre eux ne se soit aventuré
dans cette direction ou en ait tenté la moindre approche... C'est
impossible!
2) Il y eut des travaux. Celui (ou ceux) qui explora ce sentier très
étroit aboutit à une telle révélation, que
jamais il n'osa révéler ou engager plus loin la recherche
sur cette voie Sur-Royale (au sens alchimique bien entendu). A moins que
l'initié, s'il n'y en eut jamais un seul, n'ait craint le bûcher
au Moyen-Age, ou tout autre mode de destruction à notre époque...
ou la damnation et l'errance dans les confins du châtiment universel
et de son cloaque.
Un petit document manuscrit
Maintenant,
grâce à la découverte d'un petit document manuscrit
au fond d'une bibliothèque municipale, nous avons la certitude
que ce "trajet" fut réalisé dans des conditions
optimum... et conduit à bonne fin. La vie, ou plutôt la durée
de vie de certains personnages, ayant pratiqué à haut niveau
des travaux "chimiques", nous autorise à croire qu'ils
réussirent l'étape ultime du Grand Oeuvre: la panacée
universelle. Cette dernière garantissait à celui qui l'ingurgitait
une durée de vie considérablement augmentée, sauf
accident violent, ou blessure irrémédiable telle que décapitation.
En un mot, la fontaine de jouvence. Car enfin, qu'est-ce que le vieillissement,
sinon la destruction lente des cellules humaines? Le fait de bloquer ce
processus équivaut à arrêter le vieillissement. Puis,
en intensifiant la procédure, il y a restructuration des cellules
et... vie extrêmement prolongée! La troisième voie
d'alchimie innommable est ni plus ni moins que la réalisation de
la panacée universelle tirée... D'UNE TEINTURE MERE HUMAINE,
soit la résolution de tous les maux du corps et de l'esprit! La
méthode?... Elle serait redoutable de simplicité. Il suffirait
de prendre de la materia prima d'origine humaine et de la traiter simplement
par la voie, et alchimique et spagyrique. Ce qui est tout à fait
réalisable. Réalisable, oui mais!!! Car il y a heureusement
un « mais »! et il se résume à une question
extrêmement simple: quel est le nom de cette "materia prima
humaine"???
Notre pire ennemi
Il est maintenant possible d'accéder, sans trop de risques, à
cette science sans nom. Seul celui qui a médité peut s'y
aventurer, en considérant auparavant qu'à tout moment notre
pire ennemi nous guette dans cette démarche merveilleuse: nous-même!
Un seul faux pas sur cette voie et la précipitation dans le sacrilège
est immédiate et irréversible. Que le néophyte y
songe à plusieurs fois avant d'en réclamer le processus
opératoire correspondant.
Car comment imaginer l'aboutissement de cette recherche fulgurante lorsqu'on
imagine déjà les conséquences de l'alchimie sur l'esprit
et de la spagyrie sur la matière ? Il faut en conclure, et peut-être
à ce stade, déjà, sommes-nous allés trop loin,
par le fait que cette quête est innommable en se répercutant
sur les cinq sens formant la quintessence!
Les sens donnent la sensitivité. Cette dernière, ne l'oublions
pas, est une partie seulement de la préhension, du sentiment, et
de la compréhension. Cette voie est la seule véritable ouverture
sur le mystère de l'esprit et de la matière, les deux étant
liés à la génération de nos cellules et à
l'amplification des pouvoirs de défense de notre corps. En dire
plus, ici, serait franchir inconsidérément les frontières
autorisées...
André Douzet
Ce texte alchimique aurait été écrit
par le dieu Thot sur une énorme émeraude...
Il est reconnu par tous les alchimistes comme un modèle à
penser et d'action chimique...
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